Vous avez dit Zouk ?

A la recherche de la nouvelle …

12 Mai 2011 : L’Eté approche à grand pas et les soirées zouk vont commencer. Il me faut être au courant des nouveautés.

21 Mai 2011 : Voilà arrivé le temps du soleil et des débordements de passagers pour Air Caraïbes en direction des îles. Je trouve des morceaux intéressants mais oups ! Tous sont chantés en français. Interrogation ! Mais c’est du Zouk ça ?

25 Mai 2011 : Vient alors le moment où je me demande si le Zouk, le vrai, celui sur lequel on n’est pas obligé de se voir « prendre des siren » par des filles qui ont mal aux pieds, celui sur lequel Kassav, St Val et autres précurseurs ont l’art de nous faire danser existe encore… Inquiétude ! Je publie en urgence sur mon mur Facebook qui en l’espace d’une heure devient le bureau des plaintes : « Le zouk disparait-il vraiment ? Faut-il déjà condoléancer ? »

1 Juin 2011 : Enervé, je me lance dans ma chronique pour décrier ce phénomène de confusion générale entre « Zouk Antanlontan » et « Zouk Nouvelle Génération ». Stop. Le Zouk n’est plus ce qu’il était ! Hormis quelques uns qui se démarquent, il n’existe plus maintenant qu’un amoncèlement de jeunes en mal de notoriété qui pansent leur blessure de devenir un jour ‘la star riche’ en fredonnant quelques sons sourds.

Il y a eu la création du Zouk par le célèbre groupe Kassav dans les années 1980 et cette effervescente machine à tubes se déplaçait sur tous les continents, représentant si bien les couleurs des Antilles. Ceux qui ignoraient encore dans ces années l’existence de la Guadeloupe et de la Martinique, pourtant départements français depuis le 19 mars 1945 (bien que territoire français dès le 28 juin 1635) ont découvert les Antilles Françaises par le biais de la musique de Jacob DESVARIEUX, Jocelyne BEROARD, Patrick SAINT ELOI, Jean-Philippe MARTHELY, Jean-Claude NAIMRO, Georges DECIMUS et Pierre-Edouard DECIMUS. Tous méritent qu’un zoom soit fait sur leur parcours artistique en guise de remerciements à ce qu’ils nous ont apporté ; ce patrimoine culturel.

Ensuite est apparu le Zouk Love sur lequel les couples ont improvisé le collé serré sur des airs de « Blue Nuit » d’N’jie. On entendait aussi Jean-Michel ROTIN d’une voix et d’un style à la Jackson 5 qui plus tard a entrainé bien des dames dans ses « Tourbillons » amoureux.

Suivant cette époque, on a vu croitre le nombre de chanteurs ayant fait des apparitions furtives durant lesquelles ils ont partagé des morceaux de scènes avec les plus solides. Multitude rend éphémère et il devient difficile de se démarquer dans un milieu jonché par la concurrence. Alors l’utilisation du français se vulgarise dans le milieu. On chante en Molière pour dilater les frontières et atteindre un public différent et voilà arrivé la genèse du « Zouk Moderne » ou « Zouk Nouvelle Génération ». Bien qu’il aura permit à cette musique de se faire connaitre d’une nouvelle division générationnelle, ce développement de Zouk Moderne n’enterre pas notre Zouk Antanlontan : en témoigne le succès du Grand Méchant Zouk.

On se demande quels messages veulent faire passer ces nouvelles recrues des jeunes labels. Les femmes se battent pour les hommes, les hommes se battent pour plus de femmes et la boucle se referme souvent sur le ‘je t’aime moi non plus’ dont on parle tous, partout, dans tous les couples, comme un piment, à toutes les sauces ! On n’écoute plus du zouk mais du ‘Kezou’ et s’il vous plait, on y danse comme Chris Brown sous des airs de R&B.

Et comme si cela ne suffisait pas, on frise à peine le ridicule avec celles qui peuvent ‘dead’ pour sauver un mec de toutes les convoitises tellement elles y sont ‘accro’-chées parce que l’homme d’aujourd’hui qui sait susurrer des mots doux, toucher, embrasser, coucher : « il a tout ce qu’il faut ».

Cesse de sarcasmes ! On ne va pas parler des reprises des morceaux R&B, customisés à la Zouk Moderne parce qu’on ne sait plus quoi inventer. Dans toute cette effervescence, quels sont ceux qui durent et perdurent en essayant de toujours nous offrir des créations qui planent dans le juste milieu ? Un peu Zouk Antanlontan, un peu Zouk Nouvelle Génération, un peu de nouveauté dans le rythme mais sans tomber dans la parade variété. Le surplace, on s’en lasse dans les soirées. Jacob DESVARIEUX a résumé : « Attention ! Il ne faut pas trop bouger, ne pas transpirer, ne pas avoir de tâches sous les bras et les cheveux ne doivent pas bouger. » Pour faire du zouk à partir des années 2008, il faut ressembler à un mannequin de Victoria’s Secret ou des défilés de JPG.

Maintenant, l’enjeu pour les chanteurs est de conquérir un public toujours plus frais, toujours plus large qui possède les 3V : la voiture, la villa et le virement car le but final est de gagner toujours plus d’argent. Mais comment nous proposer des choses nouvelles face à tant de critiques ?

Lachronique Antilles

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