Magguy FARAUX

Est-ce que la cour dort ?

Je n’aurais jamais imaginé rencontrer une conteuse en allant avaler mon Red Chili Pepper aux Buttes Chaumont. On s’installe par hasard, mon ami et moi, sur une herbe humide qui profite de ces chaleureux rayons de soleil d’un préambule d’automne pour se sécher.

Au loin une femme vêtue d’une robe créole rouge et blanche, d’un collier artisanal, assise sur une chaise habillée elle-même d’un beau tissu madras. La gestuelle est représentative d’une mise en scène et la voix est portante ; on décide alors de s’en approcher.

Voilà donc Magguy FARAUX entourée d’un public aux âges variés qui exhale ses Contes et Légendes des Antilles. Il me suffit d’une seconde pour être bercé par sa voix et son récit. Cette femme est extraordinaire ! Il n’est pas commun de rencontrer une Conseillère Principale d’Éducation ayant fait le pari de tirer sa révérence et mettre un terme à la sécurité de l’emploi afin de se consacrer à sa passion : l’art des contes.

Les enfants rêvent sur les genoux de leurs parents qui eux-mêmes s’oublient dans un retour phénoménal en enfance. J’ai envie de fermer les yeux tellement elle m’apaise avec ses histoires fantastiques mais j’ai trop peur ! Replongé dans le pays imaginaire qu’elle a progressivement créé autour de moi, je veux connaître la fin de l’histoire et en croquer sa morale !

« Yé Krik », «  Yé krak » ! Ca me rappelle Benzo et son Compère Lapin ! J’en ai des frissons !

Les applaudissements fusent à chaque conte et le monde se rapproche timidement. D’autres gens regardent, curieux,  mais n’osent pas se joindre à notre cercle. Les vibrations sont trop bonnes. Seul notre groupe de privilégiés en profite. Magguy fait souvent des clins d’œil aux spécialités créoles : les bons accras, les forêts tropicales denses, on ti lapli si tol  que l’on aime savourer dans notre lit couvert d’un bon drap frais. Des annotations touristiques qui se vendent encore mieux que les grandes affiches publicitaires dans les couloirs du métro.

Tant à dire sur Magguy FARAUX mais venez plutôt au Théâtre Popul’air 36 rue Henry Chevreau dans le 20ème arrondissement. Faites un voyage sensationnel !

Lachronique Antilles

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