Des Antillais à Amsterdam

Notre curiosité nous conduit parfois sur des sentiers désertés ou simplement méconnus de la masse populaire.

Amsterdam ! Jusqu’ici rien de particulier, jolie ville du Royaume des Pays Bas jonchée de canaux.  On comprend très peu d’ailleurs, pourquoi cette ville est moins romantique que la célèbre Venise.

Parti en croisade à la recherche de la communauté afro-caribéenne d’Amsterdam, le parcours se révélait plus pingre que prémédité. Afin de quadriller le terrain, la veille du départ les recherches sur Internet vont bon train : « communauté caribéenne amsterdam », « les noirs d’amsterdam », « quartier noir à amsterdam », « les antillais des Pays Bas ». Peu de résultats. Devenant atrabilaire, on cesse les recherches virtuelles et c’est sur place que se poursuit le travail. Des musées, des coffee shops, des tramways et des marchés, seuls quelques rares personnes potentiellement intéressantes pour Lachronique déambulent singulièrement.

Force est de constater qu’on scinde difficilement une franche communauté africaine ou antillaise dans cette ville pourtant dite cosmopolite.

Les îles néerlandaises se distinguent selon deux groupes géographiques au cœur du bassin caribéen. Il y a les îles du vent où s’étalent Saint-Martin, Saint-Eustache et Saba qui sont situées au Nord des Petites Antilles ; et ; les îles sous le vent qui se composent principalement de Bonaire et Curaçao. Aruba s’est détachée et vogue depuis 1986 sur les routes de l’indépendance.

Selon la politique hollandaise le Royaume compte quatre pays autonomes : les Pays-Bas, Aruba, Curaçao et Sint Maarten. La Hollande se présente donc comme une terre d’accueil pour les antillais néerlandais à l’instar de la France pour les Antilles Françaises.

C’est dans le fantomatique métro creusé à des profondeurs sous l’eau qu’un Surinamais (de l’ancien Surinam Hollandais) confie qu’en effet, la ville abrite les afro-antillais de façon plus disparate que ses voisines Paris ou Londres.

Aux portes du musée Van Gogh, nous rencontrons Yannick et Marina deux Guadeloupéens. Yannick est arrivé à Amsterdam au mois de mai 2012 et il lui fallu deux semaines pour trouver du travail. Marina venue de Morne à l’Eau via Bordeaux, a découvert cette ville lors de vacances et en a profité pour laisser des candidatures avec cv et lettres de motivation dans diverses entreprises placardant à leurs portes des offres d’emploi. Les réponses se faisant plus courantes qu’à Bordeaux, elle obtient rapidement un entretien concluant et décide de s’installer au cœur de la cité hollandaise. Voilà la preuve que les frontières européennes sont bel et bien ouvertes aux Antillais qu’ils soient néerlandais ou français.

Lachronique Antilles

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